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Le manque d'espace de stockage freine la croissance des entreprises belges

Dans 46 % des cas, les commandes ou les investissements sont refusés ou reportés

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Impact sur la croissance et le chiffre d'affaires

Le manque d’espace de stockage pèse directement sur la croissance des entreprises belges. Près de la moitié (46 %) des entreprises disposant de leur propre entrepôt ou d’un stock physique ont dû refuser des commandes, des clients ou du chiffre d’affaires au cours de l’année écoulée en raison d’une pénurie temporaire de capacité de stockage opérationnelle. Ce problème touche aussi bien les micro-entreprises que les PME et les grandes entreprises. Pour une sur six, le manque d’espace se fait même sentir chaque mois ou de manière structurelle ; pour 29 % d’entre elles, il survient principalement lors des pics saisonniers.

Investissements en suspens

En raison du manque d’espace, 46 % des entreprises interrogées ont également renoncé à réaliser des investissements. Une sur cinq (18 %) a vu ses investissements ou ses projets d’expansion reportés, voire complètement annulés. Environ 28 % ont adapté leur stratégie opérationnelle, par exemple en livrant plus souvent ou plus rapidement, ou en externalisant certaines activités. Une entreprise sur sept a choisi de déménager vers un autre site ou une autre région afin de pouvoir poursuivre sa croissance.

« Lorsque les entreprises doivent refuser des clients ou du chiffre d’affaires parce que leur entrepôt est plein, l’espace de stockage devient plus qu’un simple enjeu opérationnel : il devient un facteur direct de leur capacité de croissance », explique Nicolas Rooms, PDG de Merak. « Les entreprises doivent pouvoir s’agrandir lorsque la demande augmente, sans pour autant s’engager immédiatement pour plusieurs années dans l’acquisition de biens immobiliers supplémentaires. »

Évolution de la stratégie de stockage

Depuis la crise du coronavirus et les récentes tensions géopolitiques, 45 % des entreprises ont délibérément constitué des stocks plus importants. Pour 18 % d’entre elles, ces réserves ont augmenté de manière structurelle, ce qui accentue encore la pression sur l’espace d’entreposage disponible.

Efficacité et coûts

Le manque de surface n’est pas le seul problème : 83 % des entreprises indiquent qu’une partie de leur capacité de stockage actuelle est utilisée de manière inefficace, en raison de zones inutilisées, de stocks superflus ou d’un agencement sous-optimal. Dans 31 % des cas, 11 à 20 % de la capacité est perdue ; dans 17 % des cas, ce chiffre dépasse même un cinquième.

Cette inefficacité se traduit par des coûts. Plus de 7 entreprises sur 10 (71 %) sont confrontées chaque année à des dépenses logistiques imprévues telles que le vol, les erreurs, l’entretien ou la rénovation. Pour 23 % d’entre elles, ces coûts s’élèvent à plus de 50 000 € par an, tandis que 22 % ne sont pas en mesure d’estimer le montant exact de la perte.

« Face à un manque d’espace, le réflexe est souvent de chercher davantage d’espace », explique M. Rooms. « Mais les chiffres montrent qu’il est également possible de réaliser des gains grâce à une gestion flexible des capacités et à un aménagement plus efficace. Surtout lorsque les besoins de stockage fluctuent, il n’est pas toujours judicieux, d’un point de vue économique, de construire de nouveaux locaux. »

Pénurie structurelle d’espace

Les inquiétudes vont au-delà de l’entrepôt propre à l’entreprise. Quatre entreprises sur dix (40 %) craignent que la pénurie de terrains industriels et la hausse des prix de l’immobilier ne constituent un risque direct pour leur activité d’ici trois ans. La moitié (51 %) s’attend à ce que la Belgique ne dispose plus, d’ici cinq ans, d’espaces logistiques et industriels suffisants pour soutenir la croissance économique. Aujourd’hui, 18 % parlent déjà d’une pénurie critique ; un tiers supplémentaire s’attend à un problème majeur d’ici cinq ans.

« De nombreuses entreprises sont confrontées à un paradoxe : elles ont besoin d’espace pour se développer, mais les biens immobiliers supplémentaires sont chers, rares et peu flexibles », conclut M. Rooms. « Le défi consistera à organiser la capacité de stockage comme une enveloppe opérationnelle flexible, plutôt que comme un simple bien immobilier fixe. »

À propos de l’étude

Ces chiffres sont issus d’une étude i-Vox réalisée à la demande du spécialiste du stockage Merak auprès de 400 responsables logistiques belges. Les résultats placent le manque d’espace au même rang que d’autres freins à la croissance bien connus, tels que les coûts élevés de main-d’œuvre et d’énergie, et montrent à quelle vitesse les goulots d’étranglement opérationnels ont un impact stratégique.

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